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Jeudi 28 août 2008

La France a sa Marianne, Paris son Bateau, il fallait bien trouver un emblème à Tokyo. Alors depuis quelques mois, les tokyoïtes narguent le monde entier avec leur nouvelle coqueluche. Elle vous salue chaque matin, vous accompagne toute la journée, vous permet de faire vos courses et de prendre le métro. Elle est aussi celle qui tente de vous vendre bière, café, chocolat. En gros, elle est partout. Une déferlante de petites bêtes a envi Tokyo. Le pire, elles continuent de se multiplier.


 

Nos pass de métro.

Au détour d’une conversation, la question survient. « Mais qu’est ce que cette petite boule noir et blanche montée sur patte a pour vous rendre dingue ? » Fier de leur idole, les tokyoïtes expliquent à tout va l’importance de la petite bête. « Tous les cinq ans, une ville japonaise modifie son emblème. Après le travail des dessinateurs, les habitants prennent le parti de soutenir l’un des dessins. Mais c’est l’état qui choisie à la fin. » L’explication est correcte et on imagine assez bien des défilés à grands renforts de banderoles défendant une baleine, un faon ou une autruche.

Pourtant alors que la conversation tourne vers un débat artistique, une question subsiste. « Pourquoi ce petit animal semble-t-il fait pour les enfants ? » Grave question qui plonge l’assistance dans un gouffre de silence… Adoka ose, après plusieurs minutes de réflexion, s’exprimer. « L’Occident est un monde d’adulte alors que les japonais aime rester kawaï. »

Drôle de coutume que celle du « kawaï », traduite par le reporter Frédéric Boilet par « nunuche », elle est expliquée par les japonais comme l’intelligible partie infantile qui reste en chaque adulte. Poussée à son paroxysme ici contrairement à la vieille Europe.

Si la France a ses blasons, le Japon a ses animaux kawaï. Parfois loin des traditions. Il ne faut pas chercher de raisons supérieures à leurs mignonneries. La boule en plume de Tokyo n’a aucun rapport avec la ville et son histoire. Elle est seulement sortie de la tête d’un créateur pour être adulée par le public.


Le Japon est la nation des effets de mode. Ras de marée sur les magasins, tous ont le même sac, les mêmes chaussures ou la même coupe de cheveux. Les offices ladies pourraient ainsi se partager une garde-robe gigantesque en noir et blanc. Ou les jeunes kogal, ces adolescentes en mini jupe et cheveux oxygénés, des tonnes et des tonnes de tubes de maquillage multicolores. Ici, le pouvoir a raison et lorsque celui-ci n’est pas détenu par une entreprise privée, les japonais en appel à l’état. Les petits animaux emportent ainsi toujours un franc succès malgré, parfois, un goût douteux.

Sorti de sa fonction première de symbole, le dessin a été repris par le métro de Tokyo pour être, à son tour, le symbole d’une carte de transport améliorée. La carte tamponnée de l’animal kawai permet de payer ses trajets, d’acheter des boissons et de payer dans de nombreux restaurants de la ville. Véritable révolution au pays du soleil levant, cette carte à puce magnétique sert en fait de carte de crédit. Mais l’exportation du symbole tokyoïte va plus loin. Le « Suica » a très sa banque et les petites bêtes dansent dans une publicité qui fait leur promotion sur les multiples écrans de télévision du métro.

Concernant les publicités, la tête de la bestiole apparaît petit à petit. Dans les premiers temps, elle se glissait derrière l’objet ne laissant transparaître que sa tête ou son buste. Maintenant ces petites choses sont plusieurs et occupe une bonne partie de l’espace publicitaire. Un effet garanti pour le métro de Tokyo qui a lancé la machine.


Alors avant que Londres pense à prendre pour emblème une otarie, Paris un kangourou ou New York un dromadaire, Tokyo s’est déjà approprié un Pingouin.

 

Jean-René Augé
Par Six Lunes - Publié dans : News - Communauté : L'univers de l'asie
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Samedi 23 août 2008
Eh bien eh bien voici que nous sommes allés dans le Tokyo plus underground, celui que jusqu'alors nous n'avions pas eu l'occasion de parcourir. On était trop occupés à chercher des vampires. D'ailleurs, le fait de ne pas en avoir trouvés nous pèse encore sur le coeur.

Voilà, ça c'est Hikari, shooté par JRA, pendant le concert.

Mais bon. Comme le programme le prévoyait, nous allions voir hier soir, le groupe ACMA dans la salle Kagurazaka Explosion. Vous la savez déjà, d'ailleurs, puisque je l'avais déjà posté hier et qu'en plus c'est le titre de cet article.

La salle en elle-même était comme une maison pour moi, dès que j'y eus mis les pieds: niveau taille, accès et genre, c'était clairement un Klub (dans lequel votre courageuse journaliste a joué, assisté à plein de concerts). Comparé au Shibuya O-EAST, je me sentais donc beaucoup plus à l'aise. En plus, on pouvait fumer dedans.

Je n'avais jamais rencontré Hikari, la matière grise du groupe, donc j'avoue que je me demandais un peu ce que ça allait donner. Jamais je n'aurais imaginé recevoir une telle leçon dans le domaine de l'auto promotion. Donc de mon côté, flipette à mort (pour parler comme les jeunes), sauf que lui était visiblement encore plus paniqué que moi. Et puis je me suis dit "c'est pas la grosse bête qui va avoir peur de la petite" alors j'ai plutôt essayé de le rassurer.

JRA a fait mumuse pendant les balances. Il est intenable ce garçon.

On a pu assister aux balances du groupe (pendant lesquelles on s'est dit 'merde, on n'a pas de bouchons pour nos oreilles'). On m'a fait serrer la main à plein de gens que je ne sais pas du tout qui c'était. Hikari m'a filé un CD de ACMA. Deux secondes plus tard il me présente une journaliste spécialisée dans le Visual Kei, gentille comme tout, qui avec forces courbettes m'a filé deux exemplaires de son magazine.

Il faut que vous compreniez que quand on vous donne quelque chose avec courbette attenante, c'est presque un réflexe, vous faites pareil. Mais ils ne le font pas une fois, ils le font quarante fois. Donc vous aussi. J'ai très mal au dos.

Bref, après les balances, je plante JR et Aurélie pour interiewer Hikari, me disant que comme ça on sera plus à l'aise pour parler (plus y'a d'observateurs, plus il est difficile de faire une interview). Mais je me suis retrouvé avec tout le groupe, plus une jeune femme que Hikari m'a présentée comme étant leur 'Staff' qui en fait observait beaucoup, souriait pas mal et a vendu les CDs pendant le concert (c'est ma soeur qui fait ça dans mon groupe).

On était sous le signe astrologique du name dropping. J'adore.

Bref, l'interview se passe très bien et finit par une grande conversation sur le Visual Kei, pendant lequel Hikari et moi-même avons fait de très convaincantes imitations des plus dramatiques chanteurs du milieu (je ne dirai pas qui mais je vous laisse imaginer).

Après, JR a shooté le groupe, à la demande de Hikari qui entendait bien profiter de la présence d'un photographe professionnel. Aurélie et moi avons servi d'assistantes, tout en rigolant des poses que prenaient tout naturellement les musiciens devant l'objectif. Si je fais ça à un photoshoot, je pense que tout -djinn me balancera des tomates pourries.

Le groupe. Par JRA.

A la fin du Photoshoot, ce fut l'instant bière, pendant lequel les musiciens furent ravis d'apprendre que l'on disait 'tchin tchin' pour porter un toast. Chez eux, la même prononciation fait référence à une partie de l'anatomie masculine que je vous laisse imaginer.

Je suis à la bourre, je dois partir: la suite à ce soir ou demain. Je vais voir THE SKULL FUCK REVOLVERS.

Yay.

...by JRA.
Marine.
Par Six Lunes - Publié dans : Portrait Artiste - Communauté : Apprentis journalistes
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Jeudi 21 août 2008
Voici les groupes que nous allons voir jouer. Le reste est en cours de négociations...

Demain: ACMA



Après-demain: THE SKULL FUCK REVOLVERS (avec plein d'autres gens)



Le 25 août: Metronome (pas encore confirmé mais en bonne voie)


Le 29 août: CATSUOMATICDEATH

(on les avait déjà vu en France, on va voir ce qu'ils valent chez eux)

Le 30 août - THE SKULL FUCK REVOLVERS (encore. On les aime bien eux).

Le 7 septembre: Nightmare



Vous pouvez donc voir qu'on donne dans tous les registres, dans le visual, le pas trop visual, le lourd, la bonne musique, la moins bonne, et je vous laisse juger par vous même.

A plus.

Marine
Par Six Lunes - Publié dans : News - Communauté : Musiques
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Jeudi 21 août 2008
...That's one for real and JR bought some new stuff to have fun with taking weird pictures. It seems he always tries his new gadgets on me. I should sue him for that, maybe I'd get money.

(money, yay!)

I look autistic.

Marine
Par Six Lunes - Publié dans : Images - Communauté : Apprentis journalistes
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Mardi 19 août 2008

Well yeah, I know. That happens sometimes. You just crash down. And what's to say of the photographer who violated my privacy? Huh? I'm sure I can sue JR for that picture.

Marine
Par Six Lunes - Publié dans : Images - Communauté : Apprentis journalistes
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Lundi 18 août 2008
"There is a vampire inside Shibuya!" screamed Aurélie one very fine day. We only listenend to our courage, and decided to gu hunting for the nasty vampire. Yeah, most people think that Shibuya is an area dedicated to both fashion and rock shows. People don't know that evil lurks beneath its shadows.

Ew, scary...

First, surviving Shibuya, and especially that very famous crossroad that you can see just up there, is something that japanese people have raised to the status of an art. Parisians can cross any road with their eyes closed and survive, you think. Because we wouldn't cross that one. You have to dodge all kind of people. Small japanese grandmas who are not looking where they're going, young girls wearing high heels and very veeeeeery short shorts who fall down every five minutes (I swear, they just keep falling down all the time, why do they wear those heels?), and stupid gaijins who don't know where they're going.

But we were looking for a vampire, right? So we entered a concert hall. Marylin Mansons fans will agree with me that the place you're most likely to see a vampire is a concert hall. I mean, it's logical, when you think about it. There's no light there.

You could totally see a vampire in there, right?
Well, that one's in Paris. Opéra Garnier. I'm told Lestat finds it cozy.

Well we had to wait for a while until we did find one vampire. Versailles' Kamijo is a pretty convincing impersonator (see here). But he wasn't the one we were looking for: he seemed to be more into singing than into sucking the blood off you.

BUT! there was a place where we thought we could find a vampire. Aurélie told us it was there, at least. The place was called Alcatraz, and it was a pub whose owner was a vampire. We wanted to send it back to the realm of great evilness he came from (journalists save the world) so we entered the place. With much caution. Of course. And much laughter too (but that was kind of nervous, I think).

That's the entrance. We were so brave to get in.

As soon as we were inside, a nurse asked Aurélie which of us was the most dangerous. Both Aurélie and JR designated me (thanks, guys), so I found myself cuffed to Aurélie. I think I said somethink like 'I hope you have the keys to that thing', because the cuffs were pretty realistic to me, and we were led to a table. We knew the vampire had to be there somewhere. I mean, we'd heard his voice in the corridor! It was saying stuff like "Oi, omae, bwahahahahahaaaaaa" and other things in Japanese (because the vampire is japanese).

We sat down, and had a drink, waiting for the nasty creature. We figured we might as well enjoy the time waiting, so we got drinks... you can see what we got there. Try to guess the one I picked. No, you're wrong. Not that one.

I would like to add the fact that the soundrack was absolutely un-vampirelike, since it was mostly Wu-tang Clan and things of the same genre. Do you see a vampire listening to the Wu-Tang Clan? Me neither.


Nice, nice restaurant.

We were still drinking and waiting for the vampire, when suddenly sirens screamed and the lights were turned off and some guy came closer to us. I don't think he was the vampire: he was wearing a mask, and underwear, and there was incense planted in his little john that was burning and scintillating there. I think he was more of a sexual pervert. So we let him go.

Some guy got a huuuuge needle planted in his butt and then the lights were back on. The vampire was nowhere to be seen. We went back home and told Aurélie we were extremely disappointed. I think she hates us now.

Marine
Par Six Lunes - Publié dans : News - Communauté : L'univers de l'asie
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Lundi 18 août 2008
Attention: GROS pâté!


Versailles – Live Report

[Tokyo Metropolis II]

16 août – Shibuya O-EAST

 

 

Le premier jour, les méchants journalistes sont arrivés en retard. C’est pourquoi les premiers groupes ayant joué au Shibuya O-EAST le 16 août nous sont passés parfaitement inaperçus. Le temps de voir la performance électro-boys-band-cabaret de Kaya, de se faire défoncer les oreilles sur un Chariots très convaincant, nous étions prêts à entendre, pour la première fois, Versailles en concert.

Découvrir un groupe japonais dans son pays, c’est comme voir David Beckham jouer au foot en Angleterre. On sent les artistes chez eux, dans une configuration qu’ils maîtrisent, face à un public conquis. Le tout à un petit air de ‘à la maison’. D’ailleurs, avant même que les artistes aient fait mine d’apparaître sur scène, le public, pas encore rebuté par quatre heures non-stop de live, scandait à tue-tête : « We are Versailles ! ». Passons outre la faute d’anglais, sport national au Pays du Soleil Levant.

Versailles apparaît enfin, applaudit par un public de connaisseurs. The Love From A Dead Orchestra ouvre cette première playlist constituée essentiellement des titres les plus anciens de la formation. Le titre passe malheureusement à la trappe sous la surprise de voir une salle entière produire une chorégraphie esquissée par Kamijo (chanteur du groupe). Ce qui ressort, cependant, est la précision extrême des deux guitaristes, Hizaki et Teru, qui jouent soit séparément, soit à la tierce des soli d’une vitesse effarante. Guitar hero power.

Cette précision leur est vitale, d’ailleurs, puisque toutes les orchestrations symphoniques des titres est diffusée depuis la console de l’ingé-son. Il n’y a pas la place pour la moindre improvisation, la plus petite pétouille sonore. Un exercice périlleux pour tout musicien.

La longueur de ce premier titre permet aussi de découvrir une esquisse du jeu de scène de chaque musicien, notamment d’étonnements hochements de tête d’un Hizaki probablement très serré dans son costume de scène. A tel point qu’il est surprenant qu’il puisse faire montre d’autant d’agilité dans le jeu de guitare. Tout le monde ne peut pas sortir un solo dans une robe de bal Louis XIV.

Enchaîné quasiment sans pause, malgré la recommandation de la playlist, arrive Shout & Bites. Cette fois-ci, c’est Teru qui prend la main à la guitare, dans un solo extrêmement speed, tandis que sur les impulsions de Kamijo, Teru, Hizaki et Jasmine You (bassiste tout de plumes vêtu) font volte face, ce qui a pour résultat de faire virevolter leurs costumes de scène. Les journalistes n’osent d’ailleurs imaginer les heures de travail qu’ont dû impliquer ces costumes, les nombreuses petites mains qui ont cousu ces robes, vestes et pantalons. Le résultat est proche du travail d’un costumier pour film d’époque gonflé au LSD. Le tout passé à la moulinette David Bowie. Satisfaits, prenant possession du concert après l’ouverture des premiers titres, les artistes sont enfin souriants quand la dernière note de la chanson se fait entendre.

C’est SUZERAIN qui arrive, laissant à Jasmine You l’occasion de montrer que non, il ne restera pas derrière ses retours. Une gestuelle toute en ondulation le caractérise pendant l’intégralité du concert, soutenue par le jeu de lumières très dramatique, fait de rouges et bleus sombres. Les journalistes se demandent combien de kilomètres il a parcouru pendant le concert. Il doit être musclé des jambes. Autre point d’orgue de SUZERAIN, le solo en double tapping par Hizaki et Teru, qui sont tellement ensemble que c’est à se demander s’il ne s’agit pas de playback. Ce n’en est évidemment pas.

C’est un fond sonore de harpe et flûte qui enchaîne sur Forbidden Gate, avec de très sensuels slides de basse qui donne un côté plus ‘ambiance’ et moins ‘performance’ au concert. Kamijo se montre très en forme sur la chanson. Une voix égale, parfaitement maîtrisée, un vibrato très construit sur la fin de chaque phrase musicale, et gestuelle dramatique. C’est lui le maître du concert, ce sont ses gestes que le public suit, fasciné. Son charisme est impressionnant. Une très, très légère fausse note sur la toute fin de la chansons lui restitue son statut d’humain.

Viennent windress et Beast of Desire, qui toutes deux montent d’un cran en agressivité, en bourrinage-défoulage. Au Japon, pas de limitation légale aux décibels que peuvent envoyer les musiciens, ce qui fait que les journalistes, qui en ont perdu l’habitude, se font positivement exploser les tympans. Les touches électro de windress, et les injonctions de Kamijo à mettre le bordel, les hurlements stridents de la foule y sont certainement pour quelque chose. C’est Yuki, à la batterie, qui se détache lors de Beast of Desire, dès que les journalistes ont remarqué que les muscles de ses bras sont contractés du début à la fin du concert. Un effort physique, probablement un exercice d’endurance au-delà de toute mesure. La décoration de la batterie, entourée de roses rouges, crée un véritable contraste avec le bourrinage de son détenteur.

La setlist se termine sur The Red Carpet Day. C’est ‘la chanson pour faire gueuler le public’. Et en effet, ce dernier s’en donne à cœur joie. On aurait presque pu remarquer que certains des journalistes se sont pris au jeu au lieu de bosser. Teru et Hizaki changent de côté de scène, Jasmine You se ballade un peu partout, Kamijo lui-même est plus mobile : c’est la chanson libératrice, le plaisir coupable des musiciens en plus d’une communion avec le public.

Ce sera un plaisir grandi lors du rappel, The Revenant Choir, qui montre que même si Yuki s’est probablement épuisé lors du live, il a encore la force de gérer les-doigts-dans-le-nez un titre entier en double pédale, ce qui est très fatiguant, comme chacun sait. En tout cas, les journalistes ont essayé la double pédale et ça leur a fait mal aux jambes. Mais qu’importe, tous les musiciens sont plus souriants et le public, qui connaît par cœur, a bien l’intention de profiter à fond de ce qui est leur dernier plaisir du soir.

De toute façon Versailles joue encore le lendemain, et les journalistes y seront aussi.

 

 

Versailles – Live Report

[Tokyo Metropolis II]

17 août – Shibuya O-EAST

 

Le second jour, les méchants journalistes sont encore arrivés en retard. Personne ne les a engueulés, par contre. Le temps de voir un Rentrer en soi très bourrin, un Sugar au guitariste fascinant, et un Matenrou Opera soporifique, ils étaient prêts à voir, pour la seconde fois, un concert de Versailles.

Les journalistes avaient pris plein de photos du concert de la veille, alors ils pensaient ne faire que de la prise de notes ce jour-là seulement, quand Versailles est apparu sur scène, et que les oreilles des journalistes ont perdu vingt décibels à cause des hurlements dans le public, la journaliste en chef a vu que les costumes avaient changé et a hurlé au journaliste d’images de courir dans la fosse photographique « MAINTENANT TOUT DE SUITE ».

C’était pendant le début de Aristocrat’s Symphony. Une atmosphère électrique règne à ce moment, une excitation papable dont les journalistes ne pouvaient pas encore déterminer la source. Quelque chose allait se passer, nous disait notre sixième sens machiavélique, mais quoi ? Nous n’en savions encore rien.

La foule scandait « We are Versailles » ; ils ont décidément une bonne mémoire. Les tribunes des journalistes et invités étaient bondées. Mais les journalistes n’en avaient que faire, ils étaient là pour bosser. Les journaliste des photos a d’ailleurs failli se faire virer parce qu’il tenait en équilibre au-dessus de la rambarde d’où il mitraillait les musiciens avant de descendre au pied de la scène.

Yuki, le batteur, s’était tout à fait remis des folies d’endurance de la veille, puisque les rythmes rapides et la double pédale s’enchaînaient parfaitement aux dislocations d’épaule dignes d’un Yoshiki dans son jeune âge. Comparaison facile mais inévitable. Et dès cette première chanson, avec son lot de trépidations dans le petit monde des observateurs, les musiciens sont dans le public, essayant de réduire au maximum la distance entre l’auditeur et l’interprète. Avec un souci de conservation tout de même, une envie de rester en vie qu’on ne peut pas leur reprocher. Visiblement, ils ne souhaitent pas se laisser happer par les dizaines de bras frénétiquement tendus.

Automatiquement, sans que personne ne puisse prendre le temps de respirer, arrive Antique in the Future. Jasmine You est intenable, se tortille (danse ?) sans arrêt, Hizaki virevolte dans tous les sens, et Yuki montre qu’il sait en plus varier son jeu de batterie avec un très agréable passage tribal, sur le tom grave. C’est lui qui tient tout le morceau, les changements de rythmes passent comme une lettre à la poste grâce à la précision de son toucher. La journaliste en chef note d’ailleurs que la construction linéairement variable de la musique rappelle une inspiration classique très évidente.

Vient Second Fear, ouvert par un riff extrêmement rapide sur cordes étouffées, un arpège qui pourrait bien être un clavecin au pays de Pantera. C’est à ce moment que Kamijo montre une nouvelle facette de son personnage : sa voix se brise, il relâche les vannes et laisse sortir des sons moins contrôlés, plus primaux – plus efficaces aussi. Le Vampire délaisse son apparence contrôlé pour devenir plus bestial, ce qui n’a rien de désagréable. C’est à ce moment que les journalistes, qui sont des gens très futés, décident que l’intensité est clairement montée d’un cran par rapport à la veille.

C’est de zombie, pourtant, que la journaliste en chef tombe amoureuse. Son riff Burtonien a quelque chose de jouissif. Il est complètement déjanté, et revient sous toutes ses formes le long d’un titre parfaitement cadavérique. Comme depuis le début du concert, c’est Teru qui exécute la plupart de soli, lui donnant une place plus importante que celle qu’il tenait la veille. Emportés par l’agressivité de zombie, Kamijo finit par se rouler à terre, et Jasmine You se retrouve à genoux (un exploit dans sa tenue psychédélique).

Arrive la touche éléctro du concert dans SFORZANDO, à qui le son de grosse caisse allié à celui de la basse donne une grande pesanteur. Les journalistes sentent dans les guitares une recherche d’un son plus efficace, plus simple, sans pour autant abandonner les soli lyricaux qui font la signature de Versailles. On peut observer beaucoup plus de contact entre les musiciens, spécialement Teru et Kamijo qui se collent l’un à l’autre. Kamijo s’enroule autour de Teru, et lui abandonne son micro le temps de quelques notes. Les trois cordes (guitares et basse) sautent en même temps : effet de scène garanti, et c’est Hizaki qui reprend la main avec un solo digne d’un grand guitariste.

Sur After Cloudia et The Sympathia, on sent la grande fierté de Kamijo à jouer ces titres sur scène. En effet, les journalistes le prennent la main dans le sac à plusieurs reprises. Il scrute le public, arborant un sourire éclatant, son expression victorieuse. L’introduction d’After Cloudia était trompeuse : le rythme est celui d’une cavalcade effrénée ; c’est encore Hizaki qui se démarque en solo. Introduction tout aussi fourvoyante sur The Sympathia, puisque c’est un piano romantique qui résonne, sur lequel Hizaki rentre avec une montée dans les aigus plus lente, plus touchante aussi. Kamijo s’offre une petite pause en laissant chanter un public qui, rappelons-le, a une excellente mémoire. Non contents d’avoir suivi les chorégraphies pendant tout le live, ils connaissent aussi les paroles par cœur !

Le concert se clôt sur History of the Other Side, titre à l’entrée dramatique, sur fond de clochettes flippantes et susurrements de Kamijo. Comme pendant tout le concert, il n’y a pas de mise à part d’aucun musicien, se disent les journalistes. Le son est intégral, sans prise de contrôle de la voix ou de la guitare. D’ailleurs, à par Yuki, tous les musiciens chantent. Sans micro, mais c’est pas grave. Eux aussi ils connaissent les paroles par cœur.

Les journalistes se font une autre réflexion amusante : du côté de la scène de Hizaki, le public n’est pas sur la même chorégraphie. Sans pouvoir apporter de réponse à ce phénomène surprenant, les journalistes décident d’éviter le débat.

Le rappel se fait attendre, mais le public est à fond quand même. « We are Versailles ! » aura été sans conteste la phrase la plus prononcée de la soirée. Yuki fait sensation en arrivant torse nu sur scène, ce qui permet aux journalistes de compter le nombre de ses côtes (ça restera un secret). Et Kamijo, souriant, prend la parole. Il explique que le nom de Versailles a été déposé par une musicienne américaine, et annonce que le groupe change de nom. Lequel ? Eh bien, cela n’a pas été encore choisi : il invoque donc les fans à faire leurs propositions.

Les journalistes comprennent enfin la sensation générale d’exaltation qui caractérise le concert : ce live était le dernier live de Versailles en tant que Versailles. D’où le public dans le coin des invités : les journalistes ont grillé (malgré l’absence de leur maquillage) le chanteur de Matenrou Opera, le guitariste et le chanteur de Sugar, et quelques membres de Rentrer en soi, se tenant debout juste derrière nous.

Afin de conclure l’histoire de Versailles sous ce nom, le groupe finit une seconde fois sur The Revenant Choir, mais l’exécution est différente de la veille. Les musiciens sont tous plus sautillants, le public headbangue à tout vat, Jasmine You ne veut décidément pas rester derrière ses retours. L’intégralité du show est plus vive que la veille. Un plaisir par comparaison.

La fin arrive sous les applaudissement et les cris. Teru, ce petit blagueur, a collé des autocollants dans le dos de Yuki. Résultat, quand ce dernier salue, son guitariste explose de rire. Un final plein de bonne humeur, donc. Nous on a les oreilles niquées et des images plein les yeux.

Par Six Lunes - Publié dans : Portrait Artiste - Communauté : Vive le rock
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Dimanche 17 août 2008
C'est le titre du prochain article à paraitre, avec impressions et photos sur les concerts de Kaya, Chariots et Versailles (dans l'ordre chronologique).

Restez branchés!

Versailles, the band.

Marine.
Par Six Lunes - Publié dans : News - Communauté : Apprentis journalistes
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Jeudi 14 août 2008
Not so new actually but it's the new avatar for the Blog. We took it back in Paris, and the idiot cordially ignoring Charles is me. And I had hair on my head back then. Nice. the weather wasn't so hot, I seem to remember.



Marine.
Par Six Lunes - Publié dans : Images - Communauté : Apprentis journalistes
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Mercredi 13 août 2008
Harajuku is the temple of teen fashion in Tokyo. Not my cup of tea, seeing as I have a sad, sad tendency to just throw on whatever is black and plain. I’m no fashionista and I despise shopping. BUT! In Harajuku I fell in love.

It was a beautiful and moving story. You know, I can’t really say that it was love at first sight: when I met that pair of shoes, I was more suspicious than attracted, but as time went by, I slowly learnt to love them whole-heartedly.

Yeah, you wonder if you’re still in the same blog you started reading by chance a few weeks ago – that blog telling of the life and death of three French people in Tokyo… Well, yeah, we’re still talking about Visual Kei.

We had the chance to interview the three designers of the brand Sexy Dynamite London / Stigmata / Choice. Three very nice women. An interview full of hardships, misunderstandings, and scary barking dogs named like a beer brand.

Very proper designers facing journalist wallowing in self despair. (By JRA)

That interview should be up as soon as we survive the video editing.

After the interview, we were driven to Harajuku. It was my first time in a Japanese car, and while I did a good job at not looking like I thought I was going to die since we were driving in what I maintain is the wrong side of the street, I still was able to look like an idiot.

The incredible part was – well there were a series of them.

There was a TV in the car! How you can drive while watching a show and stay alive is beyond me, but I guess you’re cool or you’re not.

And then, we went to the Laforêt Harajuku store and parked. I’ve never parked that way. It involved taking an elevator designed for cars (funnier than washing the car which I used to love as a kid), and having hose turning platforms to turn the car around when there’s not enough room for the driver to do it.

And we did all that for a nice photoshoot inside the store. But what you don’t know is that you can’t take pictures inside a store in Japan. Maybe you can give information to Russian spies so I’m sure it’s very dangerous.


Anyhow, we had to creep under barbed wires to get as journalists into that store. We had to fill forms where we said who we worked for, and we had to walk through hidden doors just like in Harry Potter. We felt pretty cool then.

And hen we went to another Sexy Dynamite London store and I fell in love, as I was saying. They were a pair of shoes. They were horrible and itched my eyes at first but since then, I haven't stopped thinking about them. So now that you know how I feel about them, I shall announce that they are sort of like leopard high DocMartens.

(By JRA)

You can see them on the foreground of the picture. I completely see myself onstage wearing those with black skinnies and a black T-Shirt. It would be so not rock'n roll that I'm pretty sure I could start a trend in Paris.

Now, if you're a member of my band and you're reading this, let's say I get the boots: I will wear them onstage, but in exchange, I promise I won't get any weird haircut anymore. At least for a few months.

We still feel pretty cool. That's because we're cool. And I'm tired and I have no more inspiration for today. Sayonara people.
Par Six Lunes - Publié dans : ENGLISH POSTS - Communauté : La Mode
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