Akihabara. Le quartier de Tokyo où se retrouvent tous les amoureux de l’informatique. La caverne d’Ali Baba des antisociaux en tout genre. Le paradis de la connectique, de l’optique, tout pour les geeks. Là où nous sommes allés, équipe au grand complet, pour faire réparer Norbert, disque dur précédemment décédé (voir détails du décès ici) et trouver un pied pour la caméra qui jusqu’ici tremblait dans mes mains en manque de café/tabac/sommeil.
Akihabara. Si vous voulez découvrir ce quartier depuis votre écran d’ordinateur, je vous conseille vivement le drama Akihabara@DEEP, qui stigmatise assez bien ce monde à part, constitué essentiellement d’inadaptés sociaux. Détail amusant : c’est à Akihabara que nous avons croisé le plus de français. Et comme tous les français à l’étranger, ils parlaient très fort et se proposaient de pratiquer un tourisme sexuel nippon (presque pédéraste) qui n’existe que dans leur esprit tordu. Aurélie leur a sèchement annoncé que nous pouvions les comprendre, ce qui n’a eu pour effet que de les rendre encore plus fiers de leur bêtise.
Casting du drama Akihabara@DEEP
Bref. Nous parlions du Geek. Cet être marginal ne vit pas comme la plupart de ses congénères. Il entretient une relation sexuelle poussée avec son ordinateur, et la seule pénétration qu’il pratique régulièrement, est celle des ports USB de son PC.
Pourtant, l’homme n’est pas une île, comme le soulignait un très grand poète dont j’ai complètement oublié le nom. L’homme ne peut vivre seul (même accompagné de son ordinateur), et se doit donc d’entretenir un rapport, même minime, avec un autre être humain, de préférence doté de parole.
D’où l’existence du Maid Café. « Qu’est-ce ? Qu’est-ce ? » vous entends-je déjà me dire… Plutôt que de vous le préciser, je vais me contenter de vous narrer notre expérience dans l’un de ces endroits de perdition.
Comme il y en a tout plein à Akihabara, notre regard a été naturellement attiré par le plus rose de tous. Pour y accéder, il a fallu prendre un ascenseur. En soi, cela fut déjà une aventure, parce que les ascenseurs japonais ont une fâcheuse tendance à se refermer rapidement. A peine Aurélie était sortie (d’un pas gaillard), au 6ème étage, que JR et moi-même nous retrouvâmes, le temps d’un clignement d’œil, au rez-de-chaussée. Aurélie ayant perdu ses amis, elle commença la conversation avec une des serveuses du Maid Café – une maid en somme.
Pour ceux qui ont dormi toute leur année de sixième, ‘maid’ veut dire ‘serveuse’ en briton.
Nous (JR et moi-même) étions inquiets pour Aurélie, perdue dans ce monde insoutenablement rose, mais elle parvint à survivre le temps de remonter les six étages. Après un fou rire je l’avoue quelque peu nerveux, nous pénétrâmes dans l’antre de la ‘rose-attitude’.
Re-fou-rire instantané. Je vous dresse le tableau : tout était rose dans cette petite pièce dont les rideaux étaient tirés. Coussins poilus, cœurs partout sur les murs, et jeunes filles habillées à la limite de l’obscène de costumes de serveuses tels qu’on les conçoit dans les sex-shops de Pigalle plus que dans les ‘vrais’ cafés. Bref, on se serait crus dans la chambre d’une adolescente américaine particulièrement perverse. Peut-être certains d’entre vous sont familiers avec le terme ‘hentai’. Pour les autres, je vous invite à en consulter la définition de Wikipédia ici.
A savoir : la clientèle d’un Maid-Café est exclusivement masculine. Donc, si JR a donné l’impression d’être un Gaijin perdu en recherche d’exotisme, Aurélie et moi avons fait sensation. Ah, ces japonais ! Ils sont capables de vous donner l’impression d’être parfaitement inadapté au contexte sans même vous regarder. C’est le ‘regard qui tue sans regarder’. C’est très fort.
Une des maids s’est agenouillé à côté de notre table pour nous présenter un menu rédigé avec une tonne de smileys. Aurélie est restée sage, mais la nature de JR et moi-même a repris le dessus, et nous avons commandé un Gin-Tonic. En fait c’était plutôt du sucre avec du tonic et peut-être dans une autre galaxie un peu d’alcool.
Sur fond de musique très mignonne mais parfaitement insupportable ; nous avons tenu en phase d’observation (coupée par des fou-rires nerveux de plus en plus nerveux) près d’une heure et demie. Je ne vous dis même pas ce que nous avons dû payer pour trois boissons, mais avec la même somme on aurait probablement pu s’offrir un brunch à la Tour d’Argent.
JR fut le premier à craquer : « Je dois sortir d’ici, MAINTENANT ! » Aurélie et moi suivîmes avec soulagement. Je crois que plus jamais nous ne retenterons l’expérience : j’ai fait pas mal de cauchemars tout roses ces derniers temps. Les cicatrices mentales ne disparaîtront jamais.
…Le Maid-Café n’est pas mon type de perversion.
Marine.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander



That's what JR had to live
through.
For Aurélie and I, it
was more that style, thought not as classy. But we had way more room.
Thats where we are.
Shinjuku.
French electro band
Almost naked...
Boots, belt, high collar, leather... Is he insane?
Like that, SHBAM!
...Even though Thom Yorke is much
less prettier than, say,
Go figure.
They're young, even
though they're more motivated than any audience in the entire world.
He knows no shame and has a great sense
of humor. Also an amazing guitarist.